Les Fourgs, plus haute commune du département du Doubs...
 
Voici une petite randonnée inédite, à travers les forêts et pâturages des Fourgs, qui nous emmènera à la découverte d'une partie de son patrimoine "lithique".

On stationnera aux Granges Bailly, zone de départ de randonnées.

On suivra tantôt le balisage jaune et bleu n°5 «la Pierre au Prêtre» (mais attention, à contre-sens !), celui des vététistes ou encore des portions «hors balisage» ou de balisage ancien «déclassé».

Distance estimée : 9 km
Dénivelé cumulé montant : 200 m
Temps estimé : 3h00
Numéro carte IGN TOP 25 : 3425 OT

Randonnée effectuée le : 20 juillet 2010


Itinéraire


Itinéraire Foncine Croz Entrecôtesl



Plan de coupe


Profil ToitDuDoubs_Pierres


Détail de la randonnée

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la table de lapiaz

La Pierre au Prêtre


Depuis le parking, on commencera de prendre la direction de "la Joux Verte", jusqu'au "Pâturage du Perrod". Au passage pour VTT, on bifurquera à droite pour suivre le discret balisage jaune et bleu qui longe la clôture (et la limite de la commune) sous les épicéas. En l'absence de chicane, on devra franchir un barbelé et continuer tout droit jusqu'au bosquet suivant. A vingt mètres de là, sur la gauche, une belle table de lapiaz trône dans une petite dépression du terrain.



La Pierre au Prêtre : Selon une tradition orale, pendant la Révolution, vers 1793-1794, les prêtres réfractaires réfugiés en Suisse, venaient célébrer l'eucharistie pour les chrétiens de la région. En 1793, sous «la Terreur», les prêtres réfractaires, mis «hors de la loi» en tant qu' «ennemis de la Révolution», se sont cachés dans les grottes et forêts de la Comté ou exilés en Suisse voisine.
La Pierre au Prêtre est l'une de ces nombreuses cachettes secrètes, où ils continuaient à officier clandestinement.



De la Pierre au Prêtre, on rebroussera chemin jusqu'au barbelé où une chicane permet de gagner un autre pâturage. On suivra la lisière de la forêt pendant deux cents mètres, quand un balisage (à rebours) du circuit n°5 nous incite bifurquer à droite pour à traverser le champ. A la clôture, on descendra à gauche pour rejoindre le point 1118. C'est à cette intersection que l'on empruntera, à gauche et pour quelques centaines de mètres, le circuit VTT n°2. A la citerne couverte, on mettra le cap à 110° en suivant une ancienne piste pastorale. Sur l'éminence, on est en vue de deux autres citernes couvertes que l'on rejoindra. Plus loin sur le replat, la ferme de Petit Vitiau, et en arrière plan le sommet des Petites Roches (chaîne du Chasseron)


Les citernes d'alpage : Sur les hauts plateaux calcaire, bien arrosés mais qui ne retiennent pas l'eau, la récupérer et la stocker a toujours été une préoccupation majeure pour l'usage des hommes et des troupeaux.. Les toits des fermes et des citernes d'alpage en constituent le collecteur, et une citerne maçonnée (et enterrée), offrent une belle réserve de cette eau si précieuse.






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La borne 186

D'une frontière à l'autre


Devant la ferme de Petit Vitiau, un passage a été aménagé à l'usage des randonneurs et vététistes (attention à ne pas toucher les tiges noires en fibre de carbone, mais uniquement les «poignées» blanches pour ouvrir le passage !) . On continuera droit devant pour rejoindre la clôture double suivante à l'orée de la forêt. Le sentier à deviner dans les herbes (balisage ancien) conduit à la ferme de Gros Vitiau. Contournant la ferme par la gauche, on remontera la pâture d'en face en visant, à droite de deux épicéas isolés, les deux bornes-frontière isolées que l'on aperçoit déjà.



Les bornes-frontière 1 et 186 : Côte à côte, elles ont traversé les siècles...
La plus ancienne date de 1553 et porte le numéro 1. Frappée de la fleur de lys côté France et du blason vaudois côté Suisse, elle comporte deux autres dates : 1649 et 1824, dates de redéfinition et affirmation des frontières.
Sa voisine, presque deux fois plus petite, frappée des mêmes emblèmes, est datée de 1766 et 1819 et porte le numéro 186.



De ces bornes, on va prendre le cap à 250° pour rejoindre «les Trois Pierres». Une clôture de barbelés nous sépare de la petite combe qui les abrite. Un vestige de balisage propose un aller et retour vers cette destination. On visera donc le petit groupe d'épicéas sous lequel un abreuvoir (et une citerne) est installé et quelques gros cailloux affleurent : sans en avoir l'air, ce lieu a été le théâtre d'un contentieux territorial qui a duré près d'un siècle...



Les Trois Pierres : Ce site fut pendant très longtemps un point stratégique. Dès les temps anciens, ce site tient lieu de borne-frontière à la croisée des trois Comtés de Neuchâtel, de Savoie et de Bourgogne. Il fut un point de repère lors des conflits territoriaux et on le retrouve sur de très nombreuses cartes anciennes.
Le Séquestre de Vitiau En 1553, suite à l'invasion des Bernois, la frontière est redéfinie. Les négociateurs ne sont pas d'accord sur l'emplacement de la borne-frontière au niveau des Trois Pierres. Un espace appelé "séquestre de Vitiau" est défini, entre la borne 6, le lieu retenu par les Comtois et celui retenu par les Bernois. Cet espace n'est rattaché à aucune des deux communes en concernées (Les Fourgs et Ste-Croix). Le contentieux n'est réglé qu'après le traité de 1648.






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La Pierre des Pestiférés

La Pierre des Pestiférés


On continuera notre chemin en remontant la combe pour déboucher sur une entrée de pâture et un chemin herbeux. On rejoindra ainsi le chemin d'accès à la ferme du Petit Vitiau, et à gauche, la route goudronnée. A peine deux cents mètres en légère montée et à droite, un chemin herbeux se profile. C'est dans le bosquet entre la route et le chemin qu'un chaos rocheux recèle un bloc monolithique gravé surmonté d'une croix.



La Pierre des Pestiférés : Cette grosse pierre d'une blancheur étonnante est partiellement couverte à sa base, de gravures de symboles chrétiens, d'initiales et de noms gravés au début du 18ème siècle (dernière épidémie de peste dans la région ?)
Durant les épidémies de peste, les malades et suspects étaient éloignés des villages et séjournaient dans des campements sommaires appelés "loges".



Non loin de là, un beau bloc de lapiaz blanc et joliment érodé attire l'œil...

Depuis ce lapiaz, on continuera dans la pâture en longeant la forêt (à droite). Après un passage de barbelés sans chicane, on retrouvera encore des anciennes traces de balisage qui nous conduiront, en suivant un muret pastoral, en vue des fermes des Granges Bailly.









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Du côté de la Roche au Prêtre

Participants

Ilona, Gene.

Hébergement

C'est l'hôtel aux milliards d'étoiles qui nous a hébergées (en demi-pension) durant cette belle nuit d'été, quelque part pas loin de l'une des pierres du circuit... Au menu du soir : saucisses au feu de bois !   :D