Voici une randonnée en traversée qui nous conduira des berges du lac de Bienne au vallon de St-Imier, en passant par les Gorges de Twann, le Mont Sujet, Le sommet du Chasseral et la Combe Grède.

On stationnera à la gare de Villeret, d'où l'on prendra d'abord le train pour se rendre à Bienne.
De là, on prendra le bateau pour rejoindre Twann (Douanne "en français"), départ de la randonnée pédestre.

La traversée peut s'effectuer en une journée en 8 à 10 heures de marche, mais elle est décrite ici sur deux jours.


Distance estimée : 27,3 km
Dénivelé cumulé montant : 1450 m
Dénivelé cumulé descendant : 1100 m
Temps estimé
: 8 à 10 h
Numéro carte Suisse : 232 - Vallon de St-Imier - 1:50000

Randonnée effectuée les : 5 et 6 août 2008



Le Chasseral
: par la Combe Grède - par les Gorges de Twann

Itinéraire




Plan de coupe



Détail de la randonnée


De Villeret à Twann


A Villeret, il faut d'abord trouver une place de parking aux abords de la Rue Principale (Rue de la Vignette, Rue de la Gare), ce qui est plus aisé que dans la ruelle qui monte à la gare. Un guichet distributeur automatique permet d'acheter tranquillement son billet en effleurant un écran tactile. Départ de Villeret vers 8 h 30 pour prendre le premier bateau de la ligne régulière de la BSG vers 9h45.
Une demi-heure de trajet ferroviaire, et l'on se retrouve dans la Suisse germanophone, à Biel/Bienne.
De la gare, facile de se rendre au port : il suffit de suivre les panneaux (logo bateau + triangle jaune des sentiers de randonnée suisse). En moins de 10 mn, on arrive en vue d'une flottille de bateaux touristiques, parmi lesquels celui de la BSG. Le guichet se trouve juste au bout de la jetée, signalé par la foule qui fait la queue... On a largement le temps d'acheter un billet et de s'installer avant que le navire largue les amarres. Sortie du port en marche arrière, avant de mettre le cap sur les différentes stations. Au bout d'une demi-heure, on accoste à Twann/Douanne, charmant petit village à vocation viticole.




Les gorges de Twann

Les panneaux jaunes des sentiers de randonnée nous accueillent immédiatement. Il faut suivre la direction "Twannbachschlucht" ou "Mont Sujet".
Pour atteindre l'entrée des gorges, on chemine dans les ruelles typiques de la petite cité vigneronne et l'on s'élève rapidement par une belle volée de marche, jusqu'à un belvédère qui nous permet d'apprécier le site.
Au début des gorges, une cabane à péage incite l'usager à contribution financière volontaire pour l'entretien du sentier...
Et tout de suite, on se retrouve dans un cadre sauvage où le torrent s'en donne à cœur joie, de cascades entre les rochers en longues glissades sur les dalles calcaires ou encore petites pauses au frais dans d'accueillantes vasques. Les eaux ont  entaillé le rocher, suivant les veines de calcaire plus tendre, creusant quelques abris sous-roche et grottes (l'une d'elles, à l'entrée des gorges, abrite plusieurs espèces de chauve-souris, dont la barbastelle devenue rare en Suisse). Entre les rochers, des bergeronnettes des ruisseaux rivalisent d'adresse d'un battement d'ailes...
Puis le retour à la civilisation se précise : déchets dans le torrent, route qui surplombe. On débouche au hameau "des Moulins", où l'on suivra la route jusqu'à Lamboing. Au loin, vers l'ouest, l'hôtel du Chasseral se découpe sur la crête...




Le Mont Sujet


Continuons à suivre les indications pour le Mont Sujet, doublées par un fléchage "Sentier des Sculptures". Dès l'entrée dans la forêt, un panneau indique que l'école cantonale de sculpture sur bois de Brienz a fait ses armes sur les arbres sinistrés, au flanc de Montagne. On est tout de suite accueilli par un trio de travailleurs, représentant les métiers de nos montagnes.
Le sentier tout en lacets, se monte facilement dans une agréable forêt mixte de sapins blancs et de hêtres. Il est ponctué de quelques dizaines de sculptures représentant tour à tour, personnages emblématiques ou animaux de nos forêts jurassiennes.
Puis on débouche, près de 400 m plus haut, sur une longue route forestière qui chemine à fleur d'alpage. C'est la saison des framboises, et les petites baies roses parfumées sont plus que tentantes : dessert assuré !
Voici enfin l'alpage, aux abords des métairies du Mont Sujet. Petit détour obligé et à vue, vers le sommet du mont, à 1382 m (non fléché depuis la bifurcation du point 1290, mais marqué d'une petite borne géodésique).
On domine les 3 lacs : Morat et Neuchâtel et Bienne, que l'on revoit pour la première fois depuis que l'on a quitté Twann. A l'Est : la chaîne du Jura Bernois. Au Nord-Ouest, la longue crête de Chasseral dominée par son célèbre pylône de télécommunications. Les Alpes sont dans les nuages...
Retour à la bifurcation des métairies pour s'engager dans une petite combe qui entaille le sommet du Mont Sujet. Le sentier dévale dans la forêt pour rejoindre la métairie de Prêles (alt.1118 m). La ferme est spécialisée dans l'élevage de vaches "Highlands".



Les crêtes du Chasseral


Il faut maintenant remonter à travers les pré-bois jusqu'à la crête qui conduit au Chasseral. Nouvelle rencontre avec des bovins "exotiques" : dans les pâturages des Colisses du Bas, paissent quelques dizaines de bisons !
A plus de 1300 mètres d'altitude, aux Colisses du Haut, on penserait retrouver l'alpage... mais on chemine entre les résineux, dans des pâturages peu entretenus, où le circe laineux est roi.
On longe une crête rocheuse, quand le tintamarre des  clarines aiguise la curiosité et nous fait grimper les quelques mètres qui nous en séparent : extraordinaire spectacle que cette combe d'alpage, peuplée d'un large troupeau mouvant et musical. La "métairie du Milieu de Bienne" siège au sommet de la bosse.
On reprend le fil du sentier de crête, un peu monotone... quand soudain se dresse dans l'axe du chemin, le fameux pylône ! Il faut encore crapahuter un bon moment sur les montagnes russes, quand un panneau nous indique qu'on entre dans la réserve naturelle de Chasseral.
Le long de la crête se dressent une série de blocs rocheux verticaux. Un coup d'œil derrière... étonnant paysage caché, formé par une très longue et étroite combe perchée. Délimitée au sud par la muraille dentelée de la crête, et au Nord par un impressionnant muret de pierres sèches, sûrement sur deux à trois kilomètres ! Chose rare sur ce terrain calcaire, une petite dépression étanche recueille et garde les eaux de pluie...
Le sommet n'est plus qu'à un jet de pierre. L'immense antenne dresse sa flèche (à 120 mètres de haut) au bout du muret. Rencontre de deux époques, de deux technologies : celle des savoir-faire ancestraux et des travaux herculéens (ce petit bout de Muraille de Chine Jurassienne a encore fière allure!  De quand date-t-elle ?), et celle des hautes technologies de la communication  (1983, tout rouillé, mais bon, en regardant bien, ça a son charme !)...
On passe sous l'impressionnant monument pour atteindre  le point culminant, au signal de Chasseral : 1607 m. Du troisième plus haut sommet du Jura Suisse, un coup d'oeil circulaire nous fait balayer les plateaux vallonnés des Franches-Montagnes et du Doubs, les Vosges et la Forêt Noire, les monts du Jura Bernois, une grande partie de l'arc alpin du Nord (du Säntis, au Mont Blanc en passant par le triptyque Jungfrau, Mönch, Eiger), le plateau Suisse, les Monts du Jura Neuchêtellois et Vaudois...



La Combe Grède


Peu de temps après le sommet, on bascule dans le vallon nord, on coupe le sommet du Petit Chasseral pour redescendre sur la métairie de Morat. Vacarme assourdissant quand on passe au milieu du troupeau broutant sur les pentes... elles ne peuvent même pas manger en silence, les pauvres !
Une colonie de marmottes se disperse de part et d'autre du chemin qui mène au Pré aux Auges. C'est le dernier replat (dominé par l'Egasse) avant de plonger dans les très impressionnantes gorges de la Combe Grède.

Au XVIeme siècle, la forêt de la combe était la propriété de la famille Grède jusqu'en 1794. Son exploitation servit à la fabrication de charbon de bois, puis s'accéléra dès 1839, pour alimenter les forges d'Undervelier qui en firent l'acquisition. La combe fut mise en coupe rase et à la fin du XIXeme siècle, il ne restait plus rien de la forêt.
En 1932, le site a été placé en  réserve naturelle de faune et de flore par le gouvernement bernois. Le chamois, réintroduit en 1956 y est majoritaire. La marmotte (introduite en 1966), le lynx, le faucon pèlerin y côtoient les espèces courantes de nos forêts. Depuis 1982, la forêt elle-même a acquis le statut de réserve forestière totale et évolue naturellement, sans exploitation ni intervention humaine.

Le sentier est balisé d'un triangle blanc barré horizontalement de rouge (signalétique des sentiers de montagne).
Impressionnant, le travail de création du sentier par le Club Alpin Suisse (1904) et de son entretien (réaménagé en 1999) par la commune de Villeret !!! (L'association bernoise de tourisme pédestre lui a attribué le prix du Sentier Modèle 2000)
L'entaille verticale dans la paroi est encadrée par deux hautes falaises de 300 mètres : les Cornes. De celles-ci "parpinnent" en permanence d'une multitude de cailloux et pierres de tailles diverses : la vigilance s'impose, en particulier aux abords des cônes d'éboulis.
De sentier en corniche, en marches taillées dans directement dans la roche et échelles métalliques, c'est un parcours un peu sportif qui s'offre au randonneur, tant en montée qu'en descente !

En bas des gorges, retour tranquille à Villeret par la petite route d'accès à la Combe... 





Participants

Gene, en solo.

Commentaires :
Magnifiques gorges de Twann, plus cascadantes que les autres à la même époque !
Méconnu, le Mont Sujet ; Incontournables, le Chasseral et la Combe Grède.
Randonnée à faire en cas de beau temps assuré, peut-être plus à la mi-mai et juin ou à l'automne pour mieux profiter des cascades et de la flore...

Les transports en commun Suisses, très développés et encouragés, permettent aisément ce type de traversée, et offrent en outre de nombreuses possibilités de circuits plus courts pour découvrir les gorges de Twann...

Rendons à César... L'idée originale de cette traversée a été empruntée à Dominique...

Hébergement


Bivouac sur un éperon rocheux face à la métairie de la Neuve.


Commentaire :
Autres hébergements possibles :
Les Prés d'Orvin, Colisses du Bas au "Bison Ranch"
Hôtel du Chasseral


Transport

Train CFF de Villeret à Bienne : 9,60 FS
Navigation de Bienne à Twann : 14,80 FS

Commentaire :

Les chiens (1/2 tarif) et les vélos voyagent aussi sans problème...