Au départ de Montécheroux, voici une randonnée en boucle croisée sur deux jours, qui nous mènera par monts et par vaux, louvoyant entre les bornes de la frontière franco-suisse et les rives du Doubs, jusqu'au point culminant de la chaîne du Lomont (Limite septentrionale du Jura Plissé).
Les attraits de ce circuit sont autant paysagers, botaniques, qu'historiques.
On pourra stationner devant l'école Maternelle qui jouxte le temple et l'épicerie.


Distance estimée : 37,5 km
Dénivelé cumulé montant : 1090 m
Numéro carte IGN : 3623 OT

Randonnée effectuée les : 24 et 25 mai 2008


Détail


Etape 1 : De Montécheroux à Montavon par Montjoie et Réclère


Distance estimée : 14.5 km
Dénivelé cumulé montant : 330 m
Dénivelé descendant estimé : 340 m
Temps estimé : 5h00



Etape 2 : De Montavon à Montécheroux, par Vaufrey et la Borne 452


Distance estimée : 23 km
Dénivelé cumulé montant : 760 m
Dénivelé descendant estimé : 560 m
Temps estimé : 8h00


Itinéraire




Plan de coupe


1er jour : De Montécheroux à la Ferme Montavon par le Sapois, Montjoie et Réclère




Etape 2 : De Montavon à Montécheroux par la Faux d'Enson, Vaufrey et la borne452





Détail de la randonnée


De Montécheroux à Montjoie


Le village de Montécheroux doit sa renommée à la  pince "maillée". En son centre, une grande fontaine au milieu de laquelle trône un "sympathique outil" (oeuvre de G.Basiletti), symbole de son passé dédié à cette petite industrie.
On pourra d'ailleurs visiter le "Musée de la Pince", qui en retrace l'histoire ancienne ou récente et présente une multitude d'outils plus étonnants les uns que les autres...

Sac au dos, difficile d'éviter le bitume entre les deux villages du plateau sud du Lomont. Il faut aller chercher un petit chemin de remembrement qui nous conduira à travers champs au village voisin. Route à nouveau, sur quelques kilomètres. C'est presque à l'aplomb de l'échancrure de la falaise, à l'Aiguille du Sapois, que l'on retrouve enfin un terrain naturel. La descente est cependant fastidieuse, parsemée de cailloux ravinés dans la pente par les intempéries. On débouche au hameau du Sapois, où l'on pourra admirer les vestiges d'une bâtisse qui eût un jour de la prestance avec ses fenêtres à meneaux et linteaux en accolade. On poursuit notre chemin sur cette petite route perchée à mi-hauteur entre la rivière et les crêtes qui la dominent. Puis à travers forêts et pâturages, on se sentirait presque seul au monde, tant l'endroit est retiré. Belles échappées panoramiques sur la vallée du Doubs et les falaises de St-Hippolyte. Les ancolies et les orchidées sont en pleine floraison. Le sentier redevenu route depuis la ferme de la Brochette, s'incline enfin vers le petit village de Montjoie, au riche passé historique.
 

De Montjoie à Réclère (ferme Montavon)


Une vingtaine de maisons, dont quelques fermes, une "ribe" (pressoir à huile), et une chapelle. Montjoie-le-Château est un (petit) village en apparence comme n'importe quel autre dans la région. Le chemin de randonnée se faufile entre deux maisons et sous la chapelle. Un peu de curiosité incite à faire les 20 mètres qui s'écartent du sentier balisé. Heureuse initiative, car nous voici sous une formidable tour de rempart, aux moellons imposants et étonnement bien préservée. La chapelle castrale abrite la sépulture de Claudine de Montjoie, châtelaine des lieux (XIVème siècle) . Peu d'indications pour visiter les lieux, à part un panneau d'informations historiques. Il faut explorer les sentes. En reprenant le fil de notre ascension, l'une d'elle bifurque à droite (antenne de télé hertzienne) et nous conduit en deux ou trois lacets... à un solide donjon que l'on ne soupçonnait même pas du village !


Le Château a été édifié au XIIIème siècle sur un éperon barré. Modèle du genre, il commandait le défilé que forme la vallée du Doubs à cet endroit. Il serait à l'origine du cri de guerre des rois de France : "Montjoie, Saint-Denis"... Possession  des seigneurs de Glère, puissante baronnie très convoitée, il fut plusieurs fois assiégé. Il fut détruit par les "suédois" en 1635, pendant la guerre de Dix-Ans (épisode comtois de la guerre de Trente-Ans).




L'exploration terminée, il faut rebrousser chemin jusqu'à l'antenne et poursuivre tranquillement la montée. Le chemin grimpe assez rapidement, d'abord sur la croupe qui domine le château, puis dans la forêt à l'aplomb de la Noirecombe. Dans le haut du vallon, à la borne 467, on se retrouve sur le sentier des contrebandiers. Une bifurcation se présente : direction Réclère. Le chemin serpente en montagnes russes, sur le haut de la côte de Noirecombe. puis brusquement, il remonte le long d'un ruisselet perpendiculaire au sentier. C'est le dernier effort jusqu'à la crête "sur les Roches" où un promontoire dégagé offre une vue sur la vallée. Il suffit maintenant de se laisser aller sur le chemin de crête jusqu'au poste frontière. Sur cette portion, on longe un moment le "Préhisto-Parc" du complexe touristique des grottes de Réclère, et l'on peut apercevoir quelques "sympathiques bestioles"! A la douane, il faut traverser la route et se laisser guider par les flèches pour bientôt parvenir à la ferme de Montavon, étape du soir.



De Montavon à la Faux d'Enson


A la ferme, on élève des vaches "maigres", pour la boucherie et quelques chèvres et moutons pour usage familial (délicieux petits fromages frais). On y produit aussi, bien sûr, le fourrage et les céréales pour l'alimentation du bétail, et la paille pour la litière animale...et les crapahuteurs !
L'exploitation est importante, et le travail sur des terrains de montagne (ça penche !) est difficile. Heureusement, la passion est une histoire de famille !
L'accueil à la ferme est chaleureux et convivial. On s'y sent bien, et pour un peu, on resterait bien un peu plus longtemps... mais l'appel des sentiers nous pousse plus loin !
Il faut redescendre vers le ruisseau de la Vaux, que l'on traverse à plusieurs reprises, avant de remonter vers la ferme éponyme (fabrication et vente de produits ovins et caprins). Ici, il faut quitter le sentier balisé pour remonter le vallon (sur route, très agréable malgré tout). Au virage en épingle, on peut continuer sur la route, où l'on rejoindra les sentiers pédestres balisés.
Mais aujourd'hui, l'option est à l'aventure: on continue donc à remonter le ruisseau, sur la gauche. Attention, il n'y a pas de sentier !  Il faut escalader un léger ressaut rocheux qui donne naissance à une petite cascade, se faufiler à travers les taillis pour déboucher sur les pâturages. Au loin se profile la ferme qui domine le village de Roche d'Or : C'est le bon cap. Rencontre avec une petite famille de bovins curieux. Coups d'œil répétés sur un large panorama : vers l'ouest, sur la chaîne du Lomont et les éoliennes de Feule ; au Nord, le bassin de Montbéliard-Belfort, les Vosges, la plaine d'Alsace et la Forêt Noire... On arrive à l'arrière de la ferme où il faut passer sous le barbelé, puis gagner le plateau sommital en prenant soin de longer la forêt (il est peut-être préférable de ne pas se faire repérer par le chien qui aboie furieusement de l'autre côté de la maison!).
On débouche au niveau d'un relais de télécommunications, et en vue de la tour d'Observation de la Faux d'Enson. C'est le point culminant du circuit.

Altitude : 926.6 m
On accède à son sommet (à 10 m) par un escalier en colimaçon et on bénéficie, par temps clair, d'un panorama très étendu (table d'orientation). Au Sud, la chaîne des Alpes et les trois mythiques sommets de l'Oberland Bernois (Mönch, Eiger, Jungfrau). Le point de vue de la Faux d’Enson fait partie du réseau de base de la triangulation suisse. Il a servi en 1834 aux travaux de la Carte Dufour pour relier les réseaux topographiques suisse et français.


De la Faux d'Enson à Montjoie


Cap sur le fond de la pâture (vers le sud-ouest). Cette portion est encore hors circuits balisés, mais sur sentiers existants. Un portillon métallique nous invite donc à poursuivre dans cette direction (ce jour il était caché à la vue par un sapin déraciné, mais d'accès dégagé). Encore un sentier en crête, et sur les bornes-frontière. Pas de vue, puisque nous cheminons en forêt, mais l'ambiance y est agréable. La descente s'amorce au moment où l'on sort du couvert. La végétation printanière déborde un peu sur la sente, mais ce n'est guère possible de s'égarer. Attention, à l'approche des pâturages que l'on devine en contre-bas, une clôture nous barre soudainement le passage (c'est nouveau...). On débouche enfin sur un large chemin agricole qui nous conduit dans la pente, jusqu'au hameau de Montursin. On rejoint alors le balisage jaune et bleu pour rallier Vaufrey, au bord du Doubs.  C'est à mon avis la portion la plus difficile du circuit : La descente est raide, caillouteuse puis extrêmement boueuse sur la fin...
Vaufrey, où l'on a envie de s'attarder un peu. La "Fontaine aux Lions", typique côtoie un pressoir à huile (une ribe en pierre), et un à pommes (incomplet). On rejoint les bords de la rivière, que l'on longera jusqu'à Montjoie. Avant de quitter Vaufrey, à repérer le long du parcours : le "Château", très imposante maison de maîtres, et l'église perchée.



Retour sur Montécheroux


De Montjoie, que l'on ne présente plus, on remonte derrière le château, sur le sentier que l'on ne présente plus non plus... Mais cette fois, à la borne 467, on emprunte le chemin moussu de gauche qui, toujours en jouant à saute-frontière, nous perd dans un dédale de rochers. Dans ce défilé règne une atmosphère étrange... L'air est frais, la lumière filtrée, les sons étouffés...
A la borne 464, une longue série de marches inégales et difficilement stabilisées incite à faire une ou deux pauses pour reprendre pied. Un coup d'œil en arrière en vue plongeante pour évaluer le chemin parcouru... et on se retrouve nez à nez avec le "Commandeur", perché entre deux rochers... Surprenant, quand on ne s'y attend pas ! (facétie 2004 du "Théatre de l'Unité" d'Audincourt).
On débouche bientôt sur des pâturages dont les échappées paysagères nous font sauter par dessus la vallée du Doubs du côté de Courtefontaine et Indevillers. Vision fleurie de champs parsemés de narcisses (zone protégée). On a l'impression soudaine d'être suivi par une foule pressée : veaux ou poulains curieux font bonne escorte jusqu'à la limite de la pâture. En forêt, les bornes attirent à nouveau notre attention, même si on ne les avait pas quittées. Mais voici la plus célèbre d'entre elles : la borne 452. Elle marque l'angle à 90° que fait la frontière à cet endroit. Sur ses faces, on peut retracer l'histoire des différentes possessions au cours des 3 siècles passés.
On suit alors un large chemin vallonné et humide, et après une courte mais rude montée, on rejoint le chemin empierré qui mène à la "Villa ses Roses", et à la route.
Il y a d'autres moyens plus agréables de rejoindre Montécheroux (à la Roche Jella, de remonter sur la crête du Lomont et de la suivre en passant par le Fort du même nom jusqu'au "Passage de la Douleur", par exemple), mais le soir arrive... Si vous avez le temps, je vous invite à suivre cette variante, qui vous offrira encore de magnifiques points de vue ! Par la route, on rallie le point de départ en une heure environ... (Deux, par le Fort du Lomont)




Participants

Gene, en solo.
 

Hébergement

La Ferme Montavon, à Réclère (Suisse) 
tél : 032 476 67 23  (de Suisse) 
         0041
32 476 67 23 (de France)
"Aventure sur la Paille"


Commentaires :
Circuit "sauvage", mêlant multiples sentiers de randonnée balisés (GR5 ; TransDoubs ; PR de la Randonnée Hérimoncourtoise à qui il faut rendre un hommage particulier..) et mes sentiers hors balisage.
Hormis à proximité des lieux habités, je n'ai rencontré personne en deux jours de rando...!!!
A déconseiller à ceux qui aiment la compagnie...
Par contre, si vous cherchez à éviter les boulevards pédestres, ce circuit est pour vous !